3 août 2026

Signature électronique : quelle valeur légale pour un émargement ?

C'est souvent la première objection face à l'émargement numérique : « une signature sur un écran, ça vaut vraiment quelque chose ? ». Au Sénégal comme dans les pays voisins, la réponse est oui, sous conditions précises fixées par la loi.

Ce que dit la loi sénégalaise

La loi n° 2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques encadre la signature électronique au Sénégal. Son article 41 la définit comme l'usage d'un « procédé fiable d'identification garantissant son lien avec l'acte auquel elle s'attache », et pose une présomption de fiabilité de ce procédé, jusqu'à preuve du contraire. L'article 42 va plus loin : une signature électronique créée par un dispositif sécurisé, que le signataire garde sous son contrôle exclusif et reposant sur un certificat numérique, est admise au même titre qu'une signature manuscrite.

Et à l'échelle régionale ?

À l'échelle de la CEDEAO, dont l'espace UEMOA fait partie, l'acte additionnel A/SA.2/01/10 du 16 février 2010 portant transactions électroniques pose un principe similaire : l'équivalence entre signature électronique et signature manuscrite est reconnue dès lors que le procédé permet d'identifier fiablement le signataire et garantit le lien avec l'acte signé.

Deux conditions à retenir

Dans ces textes, la valeur probante d'une signature électronique repose sur deux piliers, plutôt que sur une classification complexe façon eIDAS européen (simple / avancée / qualifiée) :

  • Identifier fiablement le signataire : on doit pouvoir rattacher la signature à une personne précise.
  • Garantir l'intégrité du document: on doit pouvoir prouver que rien n'a été modifié après la signature.

C'est précisément ce que vise l'horodatage et le chaînage des signatures (chaque signature reliée à la précédente par une empreinte numérique) : ils rendent visible toute tentative de modification a posteriori, un point détaillé dans notre article sur l'émargement électronique pour les ONG et bailleurs.

Cet article donne un aperçu général à titre informatif et ne constitue pas un avis juridique. Pour une situation spécifique, consultez un juriste ou l'autorité compétente de votre pays.